Camille Gharbi

Portrait de Camille Gharbi par Jacques Paquier

Photographe et architecte de formation née en 1984, Camille Gharbi a travaillé plusieurs années dans le domaine de la construction avant de se consacrer pleinement à la photographie. Elle évolue principalement dans les domaines de la photographie d’architecture et du portrait. En parallèle de son travail de commande, elle développe des projets personnels sur des thématiques qui la tiennent à cœur, notamment la problématique des migrations, la question de l’habitat, le respect des droits humains.

Sa démarche photographique est fondée sur une approche documentaire qui cherche à interroger l’état du monde en jouant avec la distance et l’esthétique pour convoquer l’empathie et le sensible. Il s’agit d’une photographie d’engagement qui tente de s’inscrire dans l’histoire de la photographie documentaire et sociale tout en cherchant à renouveler les approches classiques du photoreportage, afin de questionner la place et le statut de l’image dans notre société. Elle utilise les ressorts d’une photographie que l’on pourrait qualifier de plasticienne afin de trouver une distance : à son sujet et à la photographie en tant que telle.
A travers l’utilisation de dispositifs ou en convoquant d’autres codes photographiques que ceux traditionnellement utilisés en photographie documentaire, ses travaux cherchent avant tout à provoquer un temps d’arrêt propice à la réflexion.

Certains de ses travaux ont été programmés lors d’expositions et de festivals de photographie tels que les « Boutographies 2018 » à Montpellier, le festival « PHOTO IS:RAEL 2018 » à Tel-Aviv, l’exposition Lens Culture Emerging Talent Award 2018, à New-York, le festival Circulations 2019 à 104 à Paris, la « Nuit des Images 2019 » au Musée de l’Elysée à Lausanne ou encore la « Nuit de l’Année 2019 » aux Rencontres d’Arles.

Consultez le site de Camille Gharbi et son compte Instagram.

 

« PREUVES D’AMOUR »
Maison de l’Agglomération

« Preuves d’amour » questionne la violence domestique à travers son expression la plus extrême : l’homicide conjugal.

Avec ce travail, la photographe Camille Gharbi dévoile le côté sériel et trivial des féminicides, en exposant une série de photos d’objets qui ont servi à tuer des femmes. Une plongée glaçante au cœur d’une violence systémique à découvrir.
En France, une femme est tuée tous les trois jours par son compagnon ou ex-compagnon.

Ces drames conjugaux ponctuent les rubriques Faits Divers des journaux avec une constance qui flirte avec la banalité. Des histoires qui se répètent, donnant l’impression que la violence conjugale est un phénomène endémique.
Certains détails glaçants polarisent parfois particulièrement l’attention des médias, et la nôtre par la même occasion : « Et soudain, « l’adorable papy » tue sa femme de 90 ans à coups de casserole » .

Par le biais de l’objet, la violence de l’acte prend toute sa dimension. Les meurtres de femmes dans un cadre conjugal ne sont pas des cas isolés. L’analyse des articles de presse relatant les 253 féminicides qui ont eu lieu en 2016 et 2017 en France montre qu’il s’agit d’un phénomène de société qui touche des couples de tous âges, toutes professions.
Le 18 octobre 2018, le Premier ministre Édouard Philippe a promis de ne « rien lâcher » dans la lutte contre les violences conjugales, dans une réponse sur la plateforme Change.org à une pétition de la comédienne Muriel Robin affichant plus d’un demi-million de signataires en ligne.

La récurrence de ces crimes est trop forte pour être fortuite.

Elle révèle au contraire une violence générée dont il est temps de prendre toute la mesure.

Pour en savoir plus : un article sur RTL.fr.