Pascal Maitre

Portrait de Pascal Maitre par Mark Thiessen

Pascal Maitre est né en 1955 à Buzançais (Indre). Après des études de psychologie, il commence sa carrière de photojournaliste en 1979, dans le groupe Jeune Afrique. À partir de 1984, il rejoint le staff de l’agence Gamma. En 1989, il cofonde l’agence Odyssey Images. Il a ensuite été membre de l’agence Cosmos de 1994 jusqu’à sa fermeture en 2018. Il est actuellement représenté par l’agence MYOP.
Il travaille avec de prestigieuses publications internationales : Geo, Paris Match, Le Figaro Magazine, L’Express, ELLE en France, Geo et Stern en Allemagne, ou encore National Geographic aux États-Unis. À travers plus d’une quarantaine de pays, il aborde les différents aspects de l’Afrique : les hommes et leur mode de vie, la politique et les conflits, les traditions. Si l’Afrique demeure son terrain de prédilection, Pascal Maitre a également réalisé plusieurs photoreportages dans d’autres régions du monde, notamment au Proche-Orient, en Amérique latine et en Sibérie. Depuis 1985, il couvre l’Afghanistan : les moudjahidine contre les Soviétiques, Kaboul en 1992, Bamiyan et les Bouddahs géants en 1996, le commandant Massoud en 1998.

De nombreuses distinctions dont :
2018 – Photography Award of the Business London School, pour « Quand l’Afrique s’éclairera ».
2016 – Prix AFD/Polka Magazine pour « Quand l’Afrique s’éclairera ».
2015 – Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine au festival de photojournalisme Visa pour l’Image – Perpignan pour l’ensemble de sa carrière.
2013 – Prix International Planète Albert Kahn

Consultez le site internet de Pascal Maitre.

 

« SEULEMENT HUMAIN »

Le Carré Rosengart

Pascal Maitre, photographe français, père forgeron berrichon, oncle soldat américain. Le premier lui donne le goût du travail bien fait, le second lui offre un Rolleiflex 4×4. En 1977, alors qu’il étudie pour devenir psychologue au service du monde ouvrier, il fait sa première exposition à Châteauroux sur les « manouches » du coin. Paru deux ans plus tôt, le livre de Josef Koudelka, « Gitans, la fin du voyage », l’a subjugué, se souvient-il encore. Il avoue deux autres maîtres : Henri Cartier-Bresson, pour son « art de la composition et de l’instant décisif », et William Albert Allard, pour « son génie de la couleur ».

  • Nigéria, 2014
  • Colombie, 1991
  • République démocratique du Congo, 2012

Quelque part, ce sont quarante ans du monde que Pascal Maître nous donne à voir avec cette exposition rétrospective. La première de cette carrière entièrement dédiée au photoreportage. Quarante ans de guerres, conflits, difficultés, espoirs, constructions. C’est un homme qui a vu le monde. Qui a pris le temps de le montrer, de suivre ses lignes conflictuelles, ses bâtisseurs et tout autant destructeurs.

Marqué par la lecture de « L’Usage du monde » de Bouvier et celle des romans de Joseph Conrad, Pascal Maître guidé par un certain goût de l’aventure et un sens du terrain indéniable ne cesse de parcourir cette terre peuplée de « seulement humains ». Avec tout ce que cela comporte de faiblesse et de force.
Quarante ans, cela veut dire l’Afghanistan, les combats des moudjahidine contre les Soviétiques. Et puis, Massoud, que Pascal Maître rencontre plusieurs fois. Cela veut dire l’Iran, et l’exaltation des martyrs. La Sibérie, terre d’extrêmes, et le souvenir des prisonniers du goulag. Il y a la Colombie et ses guérillas en jungle hostile.
Et l’Afrique, continent d’adoption de Pascal Maître. L’immense Congo-Zaïre, la Somalie « entre tragédie et espoir », l’Afrique des Grands Lacs – terre blessée et mutique, le Sahel « une bombe à retardement », Madagascar « ce monde à part ».
De toutes ces années passées à travailler en Afrique, il dessine un nouveau portrait : celui de l’Afrique subsaharienne qui vit pratiquement privée d’électricité quand elle en a toutes les ressources possibles. « Quand l’Afrique s’éclairera » : portrait d’un territoire plongé dans le noir à la tombée de la nuit et ses conséquences sur la sécurité, l’éducation, la santé, l’économie…
Quarante ans du monde qu’il ne faut pas oublier, qu’il faut connaître car c’est pour beaucoup aussi ce qui fait notre monde aujourd’hui. Celui que nous avons fait, laissé faire et continuons de dessiner. Eux et nous, « seulement humains ».