Photofestival 2021 – Nicola Lo Calzo

Nicola Lo Calzo – « Mythologies de rEsistance – MEmoires de l’esclavage colonial »

 

Mythologies de la résistance
Une contre-cartographie de la mémoire dans les Caraïbes

Avec le projet Cham, Nicola Lo Calzo reconstruit un passé commun : une histoire de l’héritage de l’esclavage colonial dans le monde atlantique au 21e siècle. Depuis presque dix ans, il s’intéresse au patrimoine immatériel encore existant, aux multiples descendants et aux diverses manifestations de la mémoire de l’esclavage colonial, ses résistances et ses abolitions. L’esclavage colonial était un système économique et social qui a organisé la vie en Europe, en Amérique et en Afrique pendant quatre siècles. Ce système a fabriqué l’idéologie et la hiérarchie raciale. Pour des raisons d’économie et d’accumulation de capital, elle a produit le privilège blanc et renforcé le patriarcat hétérosexuel qui structure nos sociétés contemporaines et perdure encore aujourd’hui.

Au travers de témoignages et d’enquêtes sur le long terme, le projet Cham participe à la mémoire collective. Le photographe recueille des récits, observe les rites, capte toutes les traces immatérielles relatives à la longue période de l’esclavage africain et ses persistances.
Que reste-t-il de cette période ? Cham est avant tout un voyage subjectif à travers une nouvelle géographie de la mémoire et du monde, qui veut « déplacer le centre » et faire prendre conscience des savoirs et des pratiques en marge, de leurs peuples gardiens et de leur circulation incessante à travers l’Atlantique.
Dans cette exposition, une sélection d’images de deux séries réalisées en Haïti (Ayiti, 2013-2019) et en Guadeloupe (Mas, 2012-2020) est présentée au public.
Là où la mémoire reste silencieuse à cause de la douleur du souvenir, Lo Calzo cherche des traces implicites dans les récits personnels, les archives familiales, les espaces abandonnés, les lieux de mémoire ainsi que dans les rituels animistes et chrétiens. Chaque photographie livre une histoire personnelle tout autant que globale.

© Nicola Lo Calzo
Delannay, membre du groupe de musique
carnavalesque et artistique de la Guadeloupe

 

© Nicola Lo Calzo
A Croix-des-Bouquets, rconstitution historique
organisée par le Mouvement pour la réussite de
l’image des héros de l’indépendance d’Haïtï

 

© Nicola Lo Calzo.
Blondine, jeune paysanne s’apprêtant à danser dans le temple de Badjo (aux Gonalives) l’un
des trois lieux sacrés (le « lakou ») les plus importants du pays.
Chaque lakou conserve des objets sacrés de Jean-Jacques Dessalines, héros de la révolution
haîtienne, qui, dans le système vaudou, correspond au dieu de la guerre.

 

© Nicola Lo Calzo
Bas-relief du couvent «Mariani», fondé en 1974 à la périphérie de Port au Prince, Haïtï

 

© Nicola Lo Calzo
Atelier de Jean Claude La Guerre, Pieds de «Bossales»
(littéralement «salepeaux »), Carnaval à Jacmel, Haïtï

 

 

Biographie

Nicola Andrea Lo Calzo est un photographe, artiste queer and chercheur italien né à Turin en 1979.
Il vit et travaille à Paris où il enseigne la photographie à l’École nationale supérieure d’arts Paris-Cergy (ENSAPC). Sa pratique et sa recherche photographique interrogent les notions de patrimoine, colonialité et identité.
Ses photographies ont fait l’objet de nombreuses expositions dans des Musées, Centres d’Art ou Festivals, dont Camera à Turin, le Macaal à Marrakesh, Afriques Capitales à Lille, le Musée des Confluences de Lyon, le Musée National Alinari de la Photographie à Florence, la Fondation Zinzou à Cotonou et le Tropenmuseum à Amsterdam.
Il a publié plusieurs ouvrages dont Binidittu ( L’Artiere 2020), Regla ( Andrè Frère 2017), Obia (Kehrer 2015) Inside Niger ( Kehrer 2012), Morgante ( Alinari 2011).
Il est également un collaborateur régulier de la presse internationale, dont Le Monde (quotidien et magazine), L’Obs, Libération, El Pais, Internazionale, The New York Times, etc..

En 2020 il a été nominé pour le prix Niepce.