« La photographie est, pour moi, une recherche poétique »

« In situ – l’animal », présenté jusqu’au 17 novembre au Carré Rosengart, ce sont des photos d’animaux, mais pas des photographies animalières. Éric Pillot, le photographe, nous explique sa démarche.

 

 

L’animal est au cœur de chacune de vos photographies. Qu’est-ce qui vous fascine chez lui ?

L’animal me fascine comme un être étrange, beau et singulier. Je pense qu’il touche beaucoup de personnes car il nous renvoie à nous-mêmes, à l’animal qui est en nous. Il occupe aussi une place importante dans notre psychisme et dans notre culture, par exemple à travers les mythes, les légendes et les contes qui nous bercent dès notre enfance.

 

Pourquoi avoir photographié les animaux dans des zoos ?

C’est venu par hasard. Je visitais un zoo de mon enfance où il y avait des ours polaires dans un bassin. On pouvait les observer évoluer dans l’eau à travers des vitres. J’ai trouvé cette vision très onirique. Elle a été le point de départ de mon travail sur l’animal. Je me suis intéressé ensuite à la juxtaposition de l’architecture et de l’animal. J’ai commencé ces photographies en noir et blanc, puis je suis passé au format carré et à la couleur… Mon travail a évolué au cours des années.

 

Il n’y a pas de message sur la captivité des animaux.

Je ne prends pas position pour ou contre les zoos. Face à mes photos, certains me disent que « c’est bien de dénoncer la captivité des animaux sauvages » et d’autres que « c’est bien de montrer que les zoos permettent de préserver certaines espèces ». Mes photographies ne sont pas littérales. Je photographie une sorte de jungle urbaine. Pour moi, les décors des zoos sont très importants. Ils sont riches d’influences et empreints de la culture visuelle et artistique, populaire et savante, de leur pays. J’ai pu le constater dans les zoos d’Europe et des États-Unis que j’ai parcourus.

 

Tableau ou photo, parfois on ne sait plus très bien.

Il n’y a pourtant aucune retouche, ni montage dans mes photos. Les couleurs, la position et l’attitude de l’animal sont très importantes. C’est la façon dont je compose avec ces éléments qui donne cette impression picturale. La photographie est pour moi une recherche poétique et j’ai une démarche purement artistique : j’essaie de susciter des émotions, de rechercher un type de beauté et de faire appel à l’imaginaire des personnes qui regardent. Même si, quand on observe bien mes photos, il y a de nombreux détails qui les ancrent à la réalité.

 

Est-ce cette recherche de la beauté qui distingue vos photos des photos animalières ?

Je dirais que ce sont les décors que je photographie et la place faite à l’imaginaire qui les différencient.

 

« In situ – l’animal », d’Éric Pillot,
au Carré Rosengart, jusqu’au 17 novembre.
Entrée gratuite.

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