Sabine Weiss

Portrait de Sabine Weiss par Patrice Delatouche

Photographe d’origine suisse, née Weber le 23 juillet 1924 à Saint-Gingolph, Sabine Weiss fait son apprentissage en photographie à l’Atelier Boissonnas à Genève dès 1942. En 1945 elle obtient son diplôme de photographie et ouvre son propre atelier à Genève. En 1946 elle s’installe définitivement à Paris où elle devient l’assistante du photographe de mode Willy Maywald jusqu’en 1950. Là elle continue à découvrir les techniques de prise de vue en studio et comprend toute l’importance de la lumière naturelle comme source d’émotion. En 1950 elle épouse le peintre américain Hugh Weiss. Ensemble ils fréquentent le milieu de l’art, rencontrent Cocteau, Utrillo, Rouault. Ils se lient d’amitié avec Jacques-Henri Lartigue. Répondant à des commandes, Sabine Weiss réalise de nombreux portraits d’artistes, de musiciens et d’écrivains. 
 
En 1952, Chez Vogue, Robert Doisneau découvre ses photographies et lui propose d’entrer à l’Agence Rapho dont il fait partie. Cette même année, elle signe avec le magazine un contrat de neuf ans. Elle réalise pour Vogue de nombreux reportages, de la mode, des portraits d’artistes et de personnalités (Miro, Françoise Sagan, Jeanne Moreau, …). Elle travaille pour de nombreuses agences de publicité et en free-lance pour des revues importantes aux États-Unis et en Europe comme Match, Life, Time, Newsweek, Town And Country, Fortune, Holiday, European Travel And Life, Esquire, etc, … couvrant les pays d’Europe, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.
En marge de ses travaux commandés, elle ne cesse de faire des photographies pour elle. Avec le temps, elle se consacre presque exclusivement au reportage noir et blanc qui lui permet d’exprimer à travers ses voyages, avec « plus de calme et de simplicité », cette rencontre de l’homme et de son univers, Au hasard des promenades de son objectif, elle traduit par son regard cet instant émouvant où par un geste, une attitude, tout l’essentiel de l’autre va se révéler.
Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1987, elle a également reçu les insignes d’Officier des Arts et des Lettres en 1999 et l’Ordre national du Mérite en 2010.
« Sabine Weiss occupe une place unique au sein de la photographie française. Son regard malicieux, sa vivacité amusée attisée par une curiosité insatiable pour le monde sont familiers aux amoureux d’images. De festivals en projections, d’expositions en foires, cette photographe farouchement indépendante poursuit sa longue marche dans l’univers de la photographie sans se soucier du regard des autres, des courants, des modes et des styles. »
Extrait du texte de Virginie Chardin « Sabine Weiss, l’œil multiple » publié dans le catalogue de l’exposition du Jeu de Paume/ Editions de La Martinière, juin 2016.
A voir un film de Stéphanie Grosjean, « Sabine Weiss, mon métier de photographe » réalisé en novembre 2014 à l’occasion du Salon de la Photo https://www.youtube.com/watch?v=KSWkrDH6nIc

Consultez le site internet de Sabine Weiss et son compte Instagram.

 

« BRETAGNE ANNÉES 50 – Les amoureux »
 
Maison de l’Agglomération

Sabine Weiss, s’est rendue en Bretagne à plusieurs reprises dans les années 50. Pour son plaisir mais aussi pour le magazine Vogue qui l’avait envoyée en reportage photographier un mariage breton traditionnel.

Aujourd’hui, le festival a décidé de rendre hommage à cette grande photographe qui à travers son objectif nous entraîne dans cette magnifique découverte de notre Bretagne des Années 50. De l’habillage de la mariée en toute intimité au défilé des nouveaux époux avec famille et invités sur fond de cornemuses en pleine nature, ces photographies dormaient jusqu’alors dans des boîtes.

Ce travail peu connu qui a été tiré et exposé pour la première fois par le festival « Bretagne Terre de photographes » à Dol-de-Bretagne nous donne l’occasion de plonger dans ces quelques moments uniques du passé mêlant scènes de rue, brodeurs et brodeuses, lavandières ou peintre du dimanche.

Cette année le Photo Festival Baie de Saint-Brieuc présentera simultanément une série de photographies sur les amoureux, photos émouvantes et intemporelles, sujet favori des photographes humanistes dont elle est aujourd’hui la dernière représentante. Elle a là aussi su capter l’émotion de ces baisers, de ces regards grâce à sa tendre et inlassable curiosité.

« Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître, gestes, attitudes, objets, qui sont les témoignages de notre passage. L’appareil les ramasse, les fige, au moment même où ils disparaissent … »

Sabine Weiss